Démineur – Fiche métier

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Démineur

Démineur

Une mine terrestre est une charge explosive qui se déclenche sous l’action involontaire de l’ennemi au passage de personnels (mine anti-personnelle) ou de véhicules (mine antichar ou antivéhicule).

Démineur en exercice

Démineur en exercice

Mines antipersonnel

Mines antipersonnel

Militaires US s'entraînant à la pose de mines antichars.

Militaires US s’entraînant à la pose de mines antichars.

Au Cambodge, on continuera longtemps à trouver des munitions non explosées

Au Cambodge, on continuera longtemps à trouver des munitions non explosées

Deux mines anti-personnels, Bosnie Herzégovine

Deux mines anti-personnels, Bosnie Herzégovine

Désarmorcage de mines antipersonnel d'origine russe en Irak en 2003

Désarmorcage de mines antipersonnel d’origine russe en Irak en 2003

Signalisation de mines.

Signalisation de mines.

mine terrestre de la 2e guerre mondiale

mine terrestre de la 2e guerre mondiale

Exemple de mine contemporaine (italienne ; VS-2.2, Iraq, Septembre 2004)

Exemple de mine contemporaine (italienne ; VS-2.2, Iraq, Septembre 2004)

 

 

Historique

Le concept basique qui est à l’origine de la mine est apparu au cours de l’histoire. Certaines sources rapportent que Zhuge Liang du Royaume de Shu inventa une sorte de mine au IIIe siècle. L’armée romaine creusait des chausse-trapes, qui prenaient la forme de trous de la taille d’un pied, munis d’un pieu acéré au fond et camouflés. Au Moyen Âge, les pieds de corbeau, consistant en un petit dispositif doté de 4 pointes acérées pouvaient être dispersés sur le sol pour ralentir l’avancée de l’ennemi. Ce concept connait son pendant civil avec les nombreux pièges qui furent utilisés pour la chasse ou pour se débarrasser des nuisibles.

Aux alentours du XIVe et du XVe siècle, l’arsenal des armées de la dynastie Ming commença à produire des mines modernes primitives contenant de la poudre noire dans des pots en pierre, en céramique ou en fer.

En 1753 à Augsbourg, l’ingénieur militaire Samuel Zimmermann inventa une mine très efficace nommée Fladdermine. Il s’agissait d’une fougasse qui était activée par une platine à silex reliée à un fil tendu à la surface. La fougasse était remplie d’obus de mortier explosifs ressemblant à de grosses grenades à poudre noire. Lorsqu’elle était déclenchée, la Fladdermine projetait les obus de mortier qui explosaient alentour en saturant la zone de shrapnel. Le dispositif était redoutable contre les attaques de masse mais requérait une maintenance importante en raison du risque pour la poudre noire de prendre l’humidité. Elle fut ainsi essentiellement utilisée pour la défense des fortifications importantes, jusqu’aux années 1870.

En Europe, au début du XVIIIe siècle, des mines improvisées et des pièges étaient mis en œuvre sous la forme de bombes enterrées. Affleurant à la surface et couvertes de bouts de métal et/ou de gravier pour faire office de shrapnel. Ces dispositifs étaient connus sous le nom de fougasse française, ce terme est parfois encore utilisé de nos jours pour désigner des dispositifs équivalents. Cette technique fut employée dans plusieurs guerres européennes du XVIIIe siècle, au cours de la révolution américaine et de la guerre de sécession.

La première mine antipersonnelle, hautement explosive et dotée d’un détonateur mécanique moderne fut employée par les troupes confédérées du brigadier général Gabriel J. Raines au cours de la bataille de Yorktown en Virginie en 1862, de la même façon dont il avait employé en 1840 des pièges explosifs durant les guerres contre les Séminoles en Floride. Ces « torpilles terrestres » à déclenchement mécanique et électrique furent employées, bien qu’à la fin de la guerre les détonateurs mécaniques montèrent une meilleure fiabilité. Nombre de ces dispositifs furent improvisés sur le terrain, notamment en ce qui concerne la charge explosive, mais à la fin de la guerre, presque 2000 dispositifs répondant à la conception de Raines avaient été déployés.

Des mines améliorées furent créées pour l’Empire allemand vers 1912, puis furent copiées et produites par tous les principaux participants à la Première Guerre mondiale. Au cours de ce conflit, les mines terrestres furent notablement utilisées au début de la bataille de Passchendale. Bien avant la fin de la guerre, les Britanniques produisaient des mines à gaz de combat à la place des explosifs. De telles mines furent produites par l’URSS jusque dans les années 1980. On sait que les États-Unis ont au moins expérimenté le concept en les années 1950.

Les Allemands mirent au point une bombe bondissante, la mine-S, qui sera utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, une conception toujours actuelle. Elle permet de projeter la charge au-dessus du sol pour assurer une dispersion plus efficace du shrapnel.

Des mines à charge nucléaire ont été développées, en version navale et terrestre, comme par exemple la mine britannique Blue Peacock (le paon bleu) ou la Medium Atomic Demolition Munition (Munition moyenne atomique de démolition).

Pendant la Guerre du Vietnam, l’aviation américaine était incapable de repérer les convois de ravitaillement circulant derrière la frontière Cambodgienne, en raison du couvert offert par le feuillage de la forêt. Des mines antivéhicule spécifiques furent mises en œuvre. Il s’agissait de bombes à fragmentation dont le détonateur magnétique réagissait à la masse métallique des camions, elles s’abîmaient en forêt dans les zones où les camions transitaient et se déclenchaient au passage des convois. Leur efficacité fut redoutable dans un premier temps mais les convois furent bientôt précédés d’un camion portant un puissant électro-aimant apte à déclencher prématurément ces mines.

 

Types de mines

Les mines sont reparties en trois grandes familles en fonction de leur emploi.

  • mine antichar
  • mine antipersonnel
  • mine marine

Méthode de mise en œuvre.

  • Les mines terrestres sont des armes qui ont initialement été placées manuellement sur le terrain. Elles sont généralement camouflées et placées sur des zones tactiquement intéressantes.
  • Il existe néanmoins des semeurs de mines aérien. Il s’agit de conteneurs embarqués sur des avions ou des hélicoptères qui permettent de disperser des milliers de mines (en général antipersonnelles) sur une large zone en quelques secondes.
  • À noter qu’il existe aussi dans la nomenclature internationale des bombes à sous-munitions (BASM) produisant des effets proches des mines antipersonnel. Il s’agit de containers d’explosifs, souvent largués par voie aérienne, censés avoir un effet immédiat. De fait, une proportion non-négligeable des sous-munitions contenues, dispersées sur plusieurs hectares, n’explosent pas au moment de leur impact (de 5% à 30% d’un contenu d’un millier de petites bombes par conteneur), et restent déclenchables ultérieurement dans les mêmes conditions que les mines antipersonnel. La différence est importante puisque l’emploi de ces BASM n’est pas régi par le traité d’Ottawa, et ne fait l’objet ni d’interdiction au plan mondial, ni de reconnaissance en tant que « résidus de guerre », susceptible de donner lieu à déclaration cartographique, nettoyage, ou réparation. [1]

 

Lieu de dépose

 

Matières

  • Métal (ex fonte d’acier)

mais aussi

  • Plastique (ex bakélite)
  • Bois
  • Certaines mines ne comportent pas d’enveloppe (Explosif moulé)

En éliminant les parties métalliques, leur détection est rendue ainsi beaucoup plus difficile

 

But

  • Destruction de véhicule
  • mettre hors de combat, tuer ou blesser (de préférence, un blessé mobilisant au moins une personne pour le secourir) une ou plusieurs personnes (mine antipersonnel)
  • protection de zones sensibles (minage défensif)
  • rendre impossible ou hasardeuse l’exploitation agricole des terrains minés (usage interdit par les conventions internationales – droit des conflits armés).

 

Interdiction des mines antipersonnel

  • La Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel a débuté en 1992.
  • La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel signée le 3 décembre 1997 à Ottawa par 133 pays est entrée en vigueur le 1er mars 1999.
    • En 2005, 152 pays ont signé cette convention et 144 pays l’ont ratifié.
    • Les 3 dernières démocraties occidentales refusant de bannir les mines anti-personnel sont les États-Unis, la Finlande et Israël.
    • D’autres pays, comme la République populaire de Chine, la Russie, l’Inde ou la Corée du Nord continuent d’en produire et d’en utiliser. La Chine possède le plus important stock de mines antipersonnel au monde avec 110 millions de mines susceptibles d’être un jour utilisées.
  • Les USA refusent de signer cette convention car elle n’envisage pas d’« exception coréenne », alors que les champs de mines sont un composant crucial de la stratégie américaine de protection de la Corée du Sud contre la Corée du Nord. Ils sont par ailleurs producteurs et exportateurs de mines mixtes, antimatériel et antipersonnel.

 

Parties du monde minées

  • De très nombreuses régions du globe sont minées. L’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud sont particulièrement durement touchées.
  • En Afrique, les pays les plus minés sont le Soudan, l’Angola et le Mozambique[2].
  • En Colombie, les mines sont beaucoup utilisées par les FARC
  • En Europe, l’ ex-Yougoslavie est largement infestée par les mines – nombre estimé à environ 1 million- tandis que les mines situées à la frontière grèco-turque entraînent annuellement la mort de dizaines de « clandestins » essayant de franchir la frontière.
  • En Asie, on estimait en 2000 que leur nombre était compris entre 4 et 6 millions pour le Cambodge, et entre 5 et 7 millions pour l’Afghanistan. Le Sri Lanka et les Philippines sont aussi considérés comme étant fortement infestés, soit du fait des forces rebelles seules (Philippines), soit du fait de ces forces rebelles et des actions gouvernementales (Sri Lanka)
  • Les mines anti-personnel posent un problème éthique car elles font beaucoup de victimes civiles parfois plusieurs années après la fin d’un conflit. Au Cambodge, ces armes ont donné lieu à 35 000 amputations après la fin des hostilités. Elles posent aussi un problème économique, leur dissémination s’opposant à la reprise de l’agriculture une fois passée la période de conflits.

 

Le déminage

Combinaison de démineur

Combinaison de démineur

Depuis la Première Guerre mondiale, les mines volontairement dispersées, et les obus et munitions non explosées comptent parmi les principales séquelles de conflits armés. On peut distinguer le déminage militaire du déminage civil ou humanitaire qui se font au retour de la paix ou sur des territoires épargnés par les combats, et qui peuvent à l’étranger,être fait par des sociétés spécialisées, en général fondées par d’anciens démineurs militaires.

Le nettoyage des engins de guerre ou explosifs a d’abord été qualifié de désobusage après l’armistice de 1918, il relevait des artificiers, sous la responsabilité directe des anglais dans le Nord de la France. Mais le mot désobusage désigne aussi le démantèlement de munitions (obus et balles en général) pour en recycler les métaux et parfois la poudre (de même que celle des balles qui sera réutilisée par le Service des poudres), opération pratiquée par exemple en France dans les usines de désobusage de Coucy-le-Château, ou à Albert (de l’après 1918 à 1919)[3].

Ce n’est qu’après la diffusion généralisée des mines que le mot démineur a été retenu.
Dans le passé, des prisonniers de guerre ou des volontaires ont été utilisés pour le désobusage puis le déminage ; Nombre d’entre eux ont été tués ou grièvement blessés, aujourd’hui se sont les 320 démineurs de la sécurité civile qui assurent cette mission » . De manière générale le métier reste particulièrement dangereux.

sapeurs britanniques lors d'un exercice de déminage

sapeurs britanniques lors d’un exercice de déminage

Les moyens de détection et de protection augmentent, mais le nombre et la variété des engins explosif ne cesse d’augmenter, ce qui force les démineurs à une formation continue et une formation de base approfondies.

 

Déminage en temps de guerre

Véhicule du combat du génie de l'US Army qui doivent nettoyer un chemin

Véhicule du combat du génie de l’US Army qui doivent nettoyer un chemin

char Sherman M4A4 (flail) à canon de 75 mm gun, de la seconde guerre mondiale, équipé pour le déminage rapide

char Sherman M4A4 (flail) à canon de 75 mm gun, de la seconde guerre mondiale, équipé pour le déminage rapide

Son objectif est généralement de permettre la poursuite d’actions militaires en périodes de conflit. Le plus souvent, il s’agit de permettre le nettoyage rapide de zones d’accès ou de couloirs de circulation.

Par ailleurs, selon les objectifs, le déminage peut se restreindre à la seule neutralisation de mines antichars, en excluant donc le nettoyage de mines antipersonnel, avec un taux d’acceptation de risque résiduel plus important que dans le cadre d’un déminage humanitaire.

  • Le minage et le déminage sont dans les armées de terre confiés au génie militaire.

 

Déminage humanitaire ou civil

 

Le coût

  • Le retrait des mines est un travail long, fastidieux et coûteux. En effet, une mine ne coute que 3 dollars à produire mais environ de 300 à 1000 dollars à éliminer. Dans la plupart des cas, seule le déminage manuel est possible, en raison de la présence de tapis végétal dense, d’accidents de terrains, etc.
  • Ainsi, déminer une surface de 1 km² coûte entre 1 et 2 millions de dollars.

Ce coût se décompose en actions de repérage, de préparation du terrain, de sondage, et de neutralisation proprement dite. Compte-tenu des budgets limités affectés à ces opérations, les organisations en charge de la lutte contre les effets des mines antipersonnel préfèrent accorder une proportion de leur budget à des actions d’information auprès des populations, en vue de contenir les risques d’accident.

Dans le cas du déminage manuel, il faut y ajouter le coût des vies humaines, puisque les accidents sont très nombreux dans la phase de neutralisation.

 

Détection

Détecteur de métal, surnommé « poêle à frire » en raison de sa forme

Détecteur de métal, surnommé « poêle à frire » en raison de sa forme

  • Les détecteurs de métaux
  • Les détecteurs d’explosifs
    • Des rats géants sont dressés en Tanzanie au repérage de mines antipersonnel. Le programme, exporté par une organisation de recherche belge, semble prometteur. Une fois les rongeurs opérationnels, ils pourraient compléter l’action des « chiens démineurs »[4]
  • En 2005, des recherches utilisant la modification génétique de graines de moutarde, Arabidopsis thaliana, sont en cours. En présence de mines, la plante semée par avion au dessus des champs de mines changerait de couleur, ce qui faciliterait son élimination.

 

Assistance mécanisée

Le Digger D-2, machine de déminage à fléau

Le Digger D-2, machine de déminage à fléau

Robot de déminage, utilisant un jet d'eau à très forte pression et vitesse

Robot de déminage, utilisant un jet d’eau à très forte pression et vitesse

  • Des véhicules télécommandés de déminage existent dont celui-ci développé par des ingénieurs suisses, le D-2[5] de Digger DTR.

Ces véhicules sont conçus pour faire exploser les mines sans causer de dommages à la machine. Certains sont pilotés directement depuis le véhicule, dans un endroit protégé, alors que d’autres sont télécommandés. Aucun système n’est fiable à 100% et le passage de démineurs est nécessaire en cas de mine non-explosée. Néanmoins, ces machines permettent un défrichage efficace et accélère sensiblement le travail des démineurs.

 

Organisations et personnalités ayant pris cause dans la lutte anti-mines

De nombreuses personnalités telles que Lady Diana, Adriana Karembeu ou Heather McCartney ont pris fait et cause pour l’élimination des mines anti-personnelles, appuyant les efforts de nombreuses organisations :

– Handicap International – ONU [6] – CICR – Coordination Sud -….

Les actions se placent à plusieurs niveaux : – lutte pour une interdiction au niveau national ou international – actions d’identification des pays et populations touchées – actions de prévention et de déminage – actions de réparation -….


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