Sylviculture (Sylviculteur) – Métiers de l’agriculture, de la nature et de la pêche – Guide des métiers

Sylviculture (Sylviculteur)


Sylviculture

Plantation en alignements de douglas (Lorraine, France)

 

Plantation en alignements de douglas (Lorraine, France)

Empilement de billons

 

Empilement de billons

Reboisement

 

Reboisement

La sylviculture, étymologiquement la culture des forêts (du latin silvæ, les bois et forêts), a pour rôle de faire évoluer les forêts, en mettant à profit les facteurs écologiques et les potentialités naturelles, afin d’optimiser durablement les produits et les services que l’homme peut en attendre.

La « sylviculture durable » renforce l’idée que la gestion doit veiller à ne pas surexploiter le milieu pour qu’il ne perde pas de son potentiel dans le futur. Certains modes de gestion apportent une attention plus soutenue à l’environnement et à la biodiversité.

Ajustement de l’offre et de la demande

Pour des raisons économiques, la sylviculture cherche à ajuster son offre de bois à la demande, ce qui est particulièrement difficile étant donné la lenteur relative de croissance des arbres, et parce que la demande peut varier dans le temps (Colbert plantait pour la marine, mais quand les chênes sont arrivés à maturité, les navires étaient construits en acier). Un choc pétrolier fait grimper le prix du bois, qui peut chuter 10 ans après. La croissance des importations de bois tropicaux a fait perdre de leur rentabilité à certains bois locaux. Une tempête, des incendies, les modifications climatiques sont des aléas mal anticipés.

En France, après guerre, on a encouragé la culture des résineux pour la construction, mais ce marché n’a pas répondu aux espoirs des forestiers. Il s’agit aussi d’assurer des revenus aux propriétaires, sachant que la chasse peut y contribuer pour 50 % et plus.

 

Conservatoire d’espèces

Sur le plan écologique, la forêt naturelle ou peu anthropisée joue un rôle de conservation génétique d’espèces animales et végétales et, au-delà, si son étendue est suffisante, des processus d’évolution. Mais dans l’hémisphère nord et plusieurs zones tropicales, les forêts ont été très fragmentées et sont devenues très artificielles, perdant une partie des éléments biologiques remarquables qu’elles avaient conservé avec les gestions passées. Des opérations sylvicoles (conversions de peuplements très artificiels) peuvent être nécessaires pour assurer la pérennité de ces éléments.

D’autre part, dans certains cas, une forêt protégera mieux contre des départs d’avalanches, éboulements ou glissements de terrain si elle présente (en permanence) une composition, une structure et des classes d’âge adaptées, ce qui peut être entretenu par une gestion active.

Sur un plan social ou socioculturel, certaines formes de sylvicultures permettent de façonner ou maintenir les paysages appréciés, et de créer les diverses conditions d’accueil et d’ambiance que le public recherche. Certains sylviculteurs cherchent dans ce cadre à limiter les effets des coupes à blanc, par exemple en diminuant leur taille ou en conservant pour les cacher une bande boisée qui servira aussi de corridor biologique et de lisière protectrice pour les parcelles plantées ou en régénération.

 

Objectifs

Apparaissant comme le moyen de faire évoluer la forêt vers des objectifs à long terme, la sylviculture « souhaitable » en un lieu donné dépend schématiquement de trois principaux facteurs :

  • Les conditions « stationnelles » : elles déterminent les possibilités de croissance et d’utilisation des diverses espèces végétales ; elles limitent le choix des essences qui pourront être utilisées. Elles peuvent en outre imposer des précautions sylvicoles, voire certains types de sylvicultures ; c’est le cas des stations forestières rares et remarquables, de certains milieux humides par exemple ; c’est encore le cas des stations fragiles, soumises à des risques prononcés d’érosion, d’engorgement par remontée du « plan d’eau », de dégradation d’un sol peu stable, etc. Ses conditions dépendent de la nature du sol (argile, limon, podzol,…) et du climat.
  • L’état de l’écosystème forestier : il est lié notamment aux essences, aux structures, aux densités des peuplements en présence, peut apporter de fortes contraintes au sylviculteur. Il ne sera jamais possible, par exemple, d’appliquer un traitement de futaie jardinée à un vieux peuplement à faible durée de survie ou d’éclaircir fortement et rapidement une futaie devenue trop dense ;
  • Les objectifs fixés : pour le moyen et le long terme, ils contribuent d’une manière décisive aux choix sylvicoles. Des objectifs multiples sont généralement associés : la gestion est dite « intégrée » ou « multifonctionnelle ». Mais certains objectifs généraux ou transversaux sont pris en compte dans toutes les sylvicultures :
  • objectif de conservation de toutes les potentialités au profit des générations futures, ce qui fait dire que la gestion est « durable » ; cet objectif interdit toute transformation irréversible ; il impose le maintien, à titre de précaution, de toutes les ressources biologiques, espèces animales et végétales, écotypes, gènes… ; il va maintenant au-delà en incluant la conservation de tous les éléments de la biodiversité, une attention toute particulière étant portée aux éléments les plus remarquables ;
  • objectif de maintien ou de conduite de la forêt vers les mosaïques d’écosystèmes les plus stables grâce à des essences et des structures bien adaptées et à l’équilibre judicieux entre les divers stades d’évolution ; cet objectif répond à un haut niveau d’ambition pour une « gestion durable » ;
  • objectif de maintien des types de paysages caractéristiques et appréciés ou d’atténuation des modifications paysagères.

Outre ces objectifs généraux, d’autres objectifs sont affectés spécifiquement à telle ou telle zone ; ce sera, par exemple, la production de bois d’œuvre, l’accueil du public, la protection d’un paysage remarquable, la rétention de la neige, la préservation d’une espèce ou d’un milieu rare, la conservation des processus naturels d’évolution. Plusieurs objectifs spécifiques sont le plus souvent associés ; ainsi des objectifs de protection et d’accueil accompagnent généralement l’objectif de production ; mais la même sylviculture ne peut généralement les optimiser tous en même temps ; l’un d’eux est choisi comme « l’objectif déterminant » : il induit le modèle de sylviculture à appliquer et ces modèles de sylviculture sont nécessairement très divers. Ces considérations montrent qu’il ne peut y avoir un type général de sylviculture, mais plutôt des sylvicultures très diverses, adaptées aux stations, aux peuplements, aux objectifs en chaque endroit. Elles montrent encore que les sylvicultures ne peuvent être figées dans le temps.

 

Régimes et traitements sylvicoles

Les forestiers ont développé des techniques pour adapter les forêts à leurs attentes et « conduire » les arbres jusqu’au stade que le sylviculteur considère être leur stade de maturité.

En zone tempérée, on peut distinguer 6 classes de régime et mode de traitement sylvicoles

  1. coupe rase (ou coupe à blanc),
  2. futaie régulière,
  3. futaie irrégulière (éventuellement mélangée, et/ou jardinée),
  4. mélange futaie feuillue/taillis,
  5. taillis simple,
  6. mélange futaie résineuse/taillis.

Les trois régimes de base sont : taillis, taillis sous futaie et futaie.

  • Le « taillis » est constitué de rejets et/ou de drageons, dont la perpétuation est obtenue par une coupe de rajeunissement, ce qui correspond à un renouvellement assuré par voie végétative. Le but du taillis est de produire des bois de petites circonférences destinés au bois de chauffage. Il exige des essences qui rejettent de souches (noisetier, érable, châtaignier…)
  • La « futaie » est issue d’un peuplement forestier composé d’arbres provenant directement de semis sur place. Son but est de produire des arbres qui donneront un maximum de bois d’œuvre.
  • Le régime du « taillis sous-futaie » est un régime mixte qui a pour objet de perpétuer des peuplements comportant des arbres dont certains sont nés de semences et d’autres obtenus par voie végétative. Il permet de produire du bois de chauffage et du bois d’œuvre.

 

Systèmes d’exploitation des arbres

Il existe quatre méthodes principales d’exploitation forestière, appelées « systèmes d’exploitation sylvicole », caractérisés par leurs modalités de coupe, mais aussi de « régénération » (façons de préparer un nouveau lit de germination après l’abattage des arbres, c’est-à-dire les moyens pour régénérer le prochain peuplement.

  • La coupe rase : on rase l’ensemble de la forêt puis on laisse pousser les semis naturels. C’est une solution économique car on peut faire de l’abattage mécanique et une extraction facile mais on obtient une forêt uniforme avec des arbres ayant tous le même âge.
  • La coupe de jardinage : on coupe périodiquement uniquement les arbres matures. C’est une méthode plus écologique mais plus coûteuse car on extrait qu’une petite quantité de bois à chaque fois sans possibilité d’abattage mécanique et on risque des dégâts collatéraux à chaque coupe.
  • La coupe d’ensemencement : seuls 10 % des arbres sont conservés comme reproducteurs dans toute la zone de coupe
  • La coupe progressive de régénération : on coupe les arbres les plus âgés sur une période de dix à quinze ans, afin de permettre la reproduction naturelle et de produire des peuplements d’âge relativement régulier.

 

Méthodes de régénération

Sous le régime du taillis, la régénération se fait spontanément, par voie végétative.
Sous le régime du taillis-sous-futaie, la régénération combine deux modes (sexués et végétatifs),
Dans les autre cas (régime de futaie), une « régénération » se fait par voie sexuée, avec deux choix possibles pour le sylviculteur ;

« régénération naturelle » ou « régénération artificielle », avec dans ce dernier cas deux méthodes principales 
semis direct ; Les graines d’arbres sont souvent sélectionnées pour une croissance et une résistance aux maladies supposées meilleures.
plantations de plants issus de pépinière ; Ces plants ayant été plus ou moins sélectionnés (par exemple issu de graines de « provenance certifiée » (éventuellement au détriment de leur diversité génétique, surtout si ce sont des clones). <vr>Les plants sont alors cultivés durant au moins un an, en godets ou plus souvent en sachets en polyéthylène et de plus en plus souvent sur un substrat artificiel (tourbe-vermiculite). Ils peuvent aussi être cultivés en pleine terre puis plantés racines nues, ce qui demande un soin attentif.

Hors des écoles sylvicoles de type « Prosilva » (moins interventionnistes) ou de méthodes de type « méthode Speich[1] » ; quand le forestier n’ose pas la régénération naturelle et veut boiser une grande parcelle, ou convertir une monoculture (de type peupleraie ou pessière) en forêt plus diversifiée, il a le choix entre deux principales méthodes, décrites ci-dessous :

 

La plantation

La seconde moitié du XXème siècle a historiquement été en Europe et notamment en France marquée par une phase de plantation intensive. Celle-ci a été préparée et facilitée par la mécanisation de la plantation développée à l’occasion de la création des forêts de guerre et de zone rouge (séquelles de guerre) après la Première Guerre mondiale. Les forêts subventionnées (enrésinements des années 1960-1970, populicultures des années 1970 à 90) et le développement des futaies et coupes rases au détriment du taillis sous futaie ou de la forêt jardinée ont naturellement poursuivi dans cette voie, induisant des faciès boisés d’aspect parfois très artificiels (monocultures « en rangs d’oignons »).
La méthode a en fait été rodée en zone tropicale avec les plantations industrielles d’hévéas qui ont en quelque sorte préparé celles de palmier à huile ou d’eucalyptus, et en Europe de l’ouest au XXème siècle où elle semblait plus en accord avec la rationalisation de la sylviculture et une volonté de maîtriser le « matériel végétal » et sa génétique. Elle a largement détrôné les techniques de semis direct considérés comme trop aléatoires et éloignées de la standardisation recherchée pour les arbres. Le bilan coûts/avantages des plantations a cependant été reconsidéré à la fin des années 1990, notamment à la faveur des réflexions suscités par les dégâts des tempêtes, pour faire ressurgir l’intérêt des semis directs. La plantation de plants issus de pépinière doit mettre en balance ses avantages et inconvénients :

Avantages :

  • Planter permet de choisir les essences d’arbres et les « géniteurs » et donc de créer des plantations qu’on espère parfaitement adaptées aux conditions locales et aux objectifs de rentabilité.
  • Les protocoles de plantations sont connus et éprouvés
  • des personnels formés existent.

Inconvénients :

  • Coûts élevés : c’est la plus coûteuses des méthodes, notamment sur fortes pentes et dans les zones peu accessibles ;
  • Appauvrissement de la diversité génétique des boisements, et donc probablement à long terme au détriment de leur résilience écologique ; la biodiversité génétique est diminuée et donc la stabilité du peuplement ou sa résistance à des maladies (en particulier rouille pour le peuplier) peuvent en pâtir. On procède en alignant et en espaçant régulièrement les plants, souvent depuis les années 1980 après un sous-solage, un dessouchage, voire un traitement désherbant, un labour et un apport d’engrais dans le cas de certains boisements intensifs (peupleraies, eucalyptus). Certains pays imposent une provenance certifiée des graines dont les plants sont issus, ce qui a contribué à encore diminuer l’hétérogénéité génétiques des forêts plantées, au risque de diminuer leur stabilité et leur capacité de résilience écologique.
  • Risques sanitaires : notamment d’introduction directe de maladies contagieuses (phytopathologies) à partir de la pépinière (rouille, feu bactérien, chancres bactériens, parasites..) et peut être risque de mauvaise mycorrhisation ;
  • Dégradation des sols, habitats naturels et des eaux de surface : Cette méthode nécessite le passage d’engins qui induisent un tassement des sols, voire localement leur asphyxie. Le dessouchage chimique, voire le désherbage chimique de plus en plus souvent pratiqués perturbent le milieu et le polluent ;
  • Dégâts du gibier ? La plantation induit une main d’œuvre importante et une présence humaine plus marquée et longue, susceptible d’augmenter l’abroutissement et frottis sur les plants par des animaux (qui veulent marquer leur territoire là où ils sentent l’odeur humaine).

 

Le semis direct

Après la régénération naturelle, c’est la technique qui a été la plus utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle demande une bonne connaissance de la germination des graines, et une maîtrise des risques de prédation des graines et jeunes arbres (comme pour la plantation, avec dans ces deux cas un savoir et savoir-faire qui pour partie existent chez les pépiniéristes et sylviculteurs).
Remarques préalables

– Le semis direct n’implique pas d’obligation de semer des essences adaptées au substrat et au climat, mais on peut alors compter sur la sélection naturelle pour éliminer les espèces inadaptées et permettre la réapparition spontanée d’essences locales.
– Le semis direct n’implique pas non plus le choix d’essences locales, il peut donc permettre l’introduction d’essences peut favorables à la biodiversité (essences introduites, adaptés au contexte édaphique, mais non aux écosystèmes qu’ils risquent de perturber ou dégrader), voire d’espèces qui pourraient devenir invasives.

Avangages :

  • simplicité, moindre besoins de matériel et main d’oeuvre, et donc moindres coûts ;
  • meilleure résilience pour le futur boisement, mais à condition qu’il s’agisse d’essences locales et adaptées aux conditions stationnelles
  • les couts étant diminué, le sylviculteur peut se permettre une forte densité de points d’ensemencement qui encourageront une meilleure sélection naturelle, des arbres bien droits dans la course à la lumière et un auto-élagage au fur et à mesure de la croissance du boisement.
  • Comme le recommandent certains forestiers (Andréas Speich par exemple), les coûts moindres permettent de planer des graines d’essences pionnières dans un premier temps, et secondaires 10 à 20 ans plus tard.
  • Le contexte climatique incertain et l’importance croissante donnée à la biodiversité et donc à la sélection naturelle (dont comme facteur de résilience écologique de la forêt) a – comme en agriculture – redonné de l’intérêt au semis direct.Il est à nouveau considéré comme méthode de régénération artificielle efficace et économique par exemple pour la conversion de monocultures en peuplements mélangés. Le semis direct étant presque tombé en désuétude après 1918, il avait peu été étudié scientifiquement ou pour sa rentabilité économique. À la fin du XXème siècle, certains de ses avantages ont été remis en lumière par des études en montrant l’intérêt écologique (si les essences sont locales et adaptées au substrat), sylvicole, mais surtout économique (s’il est bien maîtrisé).
    Des études (d’ailleurs parfois divergentes dans leurs conclusions) avaient porté sur les conditions de réussite du semis direct, mais on manquait de comparaison directe des taux de survie et de la vigueur des arbres à moyen et long terme selon qu’ils soient issus de semis direct ou de pépinière ou d’une régénération naturelle.
  • Une étude récente a conclu que les plants issus de pépinières souffrent de la transplantation et perdent une bonne part de leur avance dans les 10 premières années de reprise.[2]. On a ici comparé sur 9 ans de jeunes hêtres issus de semis directs et issus de pépinière (replantés à l’âge de 1 ans) ; les chercheurs ont mesuré la croissance en hauteur et en diamètre, et la biomasse sèche produite en 9 ans. Cette étude a montré qu’après 9 ans, il n’y avait déjà plus de différence entre les deux catégories d’arbres. Certains arbres issus de semis avaient même rattrapé l’année de retard qu’ils avaient par rapport aux plants (croissance d’environ 10 % plus importante).

Inconvenients :

  • s’il ne s’agit pas de plantation sous couvert forestier, les essences pionnières pousseront beaucoup mieux que les essences seconcaires.
  • Le savoir faire en matière de plantation directes de graines et de préparation de ces graines est plus rare
  • La qualité et la provenance des graines ne sont pas toujours facile à établir

 

 

Les opérations sylvicoles

Elles comprennent éclaircissages, dépressages, élagages, plantations, semis directs, et pare-feu (dans les régions sèches).

 

Éclaircissage

Les éclaircies sont des coupes d’arbres de franc pied ou de brins âgés (baliveaux) d’une cépée. Elles visent à favoriser le développement des arbres qui présentent un intérêt, le plus souvent économique par élimination d’arbres proches. Cette technique ne peut s’employer que dans les peuplements denses. Mais il faut veiller à ce que l’investissement en temps et en hommes permette un gain économique appréciable en qualité et en quantité des volumes récoltés. Une technique moderne mais peu employée consiste à écorcer les arbres à éliminer, au moyen d’un appareil spécialement conçu. Ils meurent sur pied et produisent du bois mort et de l’humus, en minimisant la main d’œuvre et le dérangement (pas de bruit de tronçonneuse, pas de transport).

 

Dépressage

Le dépressage consiste à supprimer certain nombre de jeunes sujets issu d’une régénération naturelle dans un peuplement très dense dont la hauteur des tiges dominantes est généralement inférieure à 9 m, toujours pour améliorer la croissance de ceux restant. Cette opération est effectuée à l’aide d’une débroussailleuse à dos, par cloisonnement ou par abattage.

 

Élagage et taille de formation

L’élagage et la taille de formation consistent à couper au ras du tronc les branches pour améliorer la forme et la qualité du fût et du bois, en réduisant la taille des « nœuds » dont les fibres ne sont pas dans le même sens que le reste du bois, qui entraîne une faiblesse dans les pièces produites ou un déclassement commercial. La hauteur d’élagage varie en général entre 2 et 10 mètres, et il se pratique dans les sylvicultures intensives tous les 10 ans sur les jeunes arbres. De nombreuses espèces, en condition de concurrence pour la lumière font un autoélagage naturel, qui est favorisé dans les approches de type prosilva, ce qui réduit les coûts d’entretien et limite les risques de transmission de champignons et bactéries pathogènes par les outils de coupe ou de taille.

 

Pare-feu

Le but des pare-feu est de créer une discontinuité dans le peuplement forestier afin de stopper ou ralentir la progression d’un feu. Ils doivent être installés perpendiculairement aux vents dominants pour ne pas au contraire devenir des couloirs de propagation du feu. Un pare-feu mal conçu risque aussi d’être un facteur d’érosion, voire de fragmentation écopaysagère. Ceux qui sont enherbés et entretenus par des herbivores (moutons en général) semblent les plus efficaces. Ils jouent généralement aussi un rôle de cloisonnement et de layons de chasse (les chasseurs y attendent le gibier, plus facile à tirer, éventuellement poussé par les chiens et rabatteurs).

 

Nouvelle méthode, dite « extensive »

La sylviculture extensive s’applique aujourd’hui en Europe principalement dans les peuplements de hêtre. C’est une méthode « douce », qui exploite un peuplement via des interventions ciblées. Les coûts en sont moindres, et dispersés sur la durée d’exploitation, tout en assurant une régénération de qualité, et en préservant ou restaurant la biodiversité. Sa mise en place s’effectue en trois phases majeures : L’installation-l’acquisition, la compression et le détourage.

Phase dinstallation-acquisition : Le gestionnaire forestier vérifie que l’installation des semis est en place afin d’entreprendre la coupe définitive des semenciers. Pendant les deux premières années il s’assure que les semis ne soient pas concurrencés par la souille ligneuse et ronceuse. Le cas échéant, il prévoit un passage en dégagement grossier à la débroussailleuse pour maîtriser la végétation afin d’obtenir la plus forte régénération de la ou des essences objectives.

Phase de compression : Le hêtre – si on le veut longiligne – doit pousser « gainé » ou en « compression » (c’est à dire à l’ombre d’arbres dominants, ou gainé d’herbacées quand il est jeune et mis en lumière, et ensuite entouré d’autres arbres qui favoriseront sa pousse apicale). S’il est isolé ou trop dégagé, il tend à développer des branches basses, sources de caractères considérés comme « défauts » majeurs pour le scieur (ex : fourches basses). La « phase de compression » peut durer quinze ans voire plus. ELle permettra d’obtenir à un stade « gaulis » – « bas perchis » des « tiges-objectifs » dépourvues de branches basses, réuisant le coût d’un élagage éventuel. Néanmoins, durant cette phase, un travail reste nécessaire pour le calibrage de la régénération des essences secondaires et d’accompagnement (charme, frêne, érables…) ou essences précieuses (merisier, alisier torminal..). La méthode de « cassage » est alors utilisée sur les tiges concurrentes afin de favoriser la mise en lumière apicale, fournissant une source locale de petit bois mort. Au stade bas perchis, le cassage sera remplacé par l’annélation des tiges singulières afin de toujours garder l’efficacité de la compression et une source de bois mort recyclé dans l’écosystème. A ce stade on peut considérer aquise la régénération de 200 tiges / hectares.

Phase de détourage : Contrairement à l’éclaircie classique, elle est ciblé sur une tige désignée « d’avenir »[3] et n’est pas sujet à la commercialisation. L’intervention consiste sur des tiges (stade perchis – haut perchis) dont la hauteur de bille sans branche est comprise entre 7 et 8 mètres, d’abattre tous les sujets environnants afin de libérer les houppiers en vue de la croissance finale. La quantité sera de 80 à 100 tiges /hectare et formera la jeune futaie. Si l’on veut limiter le travail, le dérangement de la faune, et une alternative peut aussi être l’annélation de tout ou partie de ces tiges à « éliminer ». Leur bois est alors également recyclé sur place.

 

Conditions de croissance des stations forestières

La caractérisation des milieux par la typologie des stations forestières est un préalable à une gestion forestière raisonnée, permettant d’éviter l’installation d’essences non adaptées au terrain.
L’anticipation des risque de sécheresse ou d’inondation de longue durée est également un facteur de réussite, de même qu’une bonne diversité génétique et la protection de l’humus[4], et pourrait le devenir plus encore dans un contexte global de modifications climatiques.
La concurrence herbacée, et l’abroutissement par les herbivores (cerf, chevreuil, sauf en cas de fortes populations) ne pose théoriquement pas de problème pour les peuplements, hormis dans le premier stade en cas de plantations ; la transpiration herbacée est maximale au début du printemps quand l’eau ne manque pas. Elle diminue ensuite alors que avec la feuillaison du couvert arboré. Pour que l’eau manque moins en été, il peut être utile de restaurer les capacités de stockage de l’eau et d’infiltration. (Il ne s’agit pas forcément de diminuer le drainage de la forêt ou d’y aménager des bassins ; Le retour des castors et de leurs réservoirs s’est montré de ce point de vue efficace en Amérique du Nord).

 

Histoire de la sylviculture

La sylviculture est ancienne. Elle a des racines probables dans la préhistoire et en Chine qui l’a développé, tout en déboisant rapidement une grande partie du territoire dès 8000 ans avant nos jours. La sylviculture était une science suffisamment reconnue pour que lorsque l’empereur Qin Shi Huang (nom signifiant « premier empereur universel » 221 ans avant J.C. ordonna de brûler tous les ouvrages indésirables, il fit 3 exceptions pour les seuls livres traitant de médecine, d’agriculture et de sylviculture.

Sur tous les continents, des secrets et des savoirs ouverts se transmettaient sur les manières de planter, sélectionner, ou tailler les arbres. Des écoles de sylvicultures ont diffusés des pratiques et savoir faire, avec plus ou moins de bonheur et d’efficacité, qu’on peut classer entre deux extrêmes, encore aujourd’hui souvent opposés ;

  • dans la forêt naturelle même, ou à sa lisière, avec des pratiques extensives s’appuyant sur la sylvigenèse naturelle et la régénération, avec une sélection lente, et quelques plantations (ex: citronniers ou cacaoyer plantés en forêt, plantation de deux sagous par sagou coupé..)
  • en systèmes artificiels et intensifs, appuyés sur des plantations en monoculture, des pépinières et une sélection importante (gènes, graines, plants, baliveaux, arbres en croissance, portes-graines)…

 

en France

En 2006, 75 % du volume de bois commercialisés dans les forêts domaniales était vendu « sur pied » par adjudication le plus souvent, avec 6 658 000 m3 de bois récoltés annuellement (résultats moyens 1995/2004 exprimés en volume “bois forts”)[5] ; En 2007, la forêt française (publique et privée) couvre à nouveau plus de 25% du territoire national, au profit d’une sylviculture plus étendue (résineux et peupleraies notamment). Sa répartition et la composition de ses espèces ne sont pas liées qu’aux seules conditions édaphiques et climatiques. Avant le XXème siècle, la forêt française avait fortement régressé : Du Moyen Âge jusqu’au début du XXe siècle, on a assisté à une période de défrichage intensif visant à gagner des terres de culture, récolter plus de bois de chauffage, de boulange et d’oeuvre. Colbert et le code forestier de 1827 ont finalement bloqué la régression du couvert forestier. Dans le même temps, un renouveau forestier était favorisé par les alternatives fossiles que sont le charbon puis le pétrole et le gaz naturel voire l’électricité nucléaire, mais aussi grâce à l’exploitation massive (surexploitation parfois) des forêts tropicales. Ces alternatives ont par ailleurs fortement contribué au développement économique des pays riches, qui a encouragé à une urbanisation centralisée (et donc un exode rural libérant des terres aux plantations ou à l’enfrichement et à la forestation spontanée). Des primes d’état et détaxations ont également encouragé les sylviculteurs à étendre leurs surfaces boisées, alors que l’amélioration des rendements agricoles et la concentration de l’agriculture sur les sols les plus riches libéraient les terres les plus pauvres ou pentues. Cette augmentation de surface forestière. Mais alors que les plantations de faible intérêt en terme de biodiversité gagnaient du terrain, le bocage, l’agrosylviculture traditionnelle et des arbres isolés et d’alignements reculaient ou disparaissaient rapidement, avec leur biodiversité… les remembrements et primes à l’arrachage des haies et fruitiers, etc. ont eu des impacts très importants en Europe, et notamment en France dans les années 1960 à 1980.

A partir cette époque, on a reboisé certains territoires pour les remettre en valeur (Sologne, Limousin), pour combattre l’érosion (Cévennes), pour fixer les dunes (Landes).


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